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Ma démission imminente du CPE


Éducatrice à la petite enfance, d’aspiration, de formation, et de cœur…Je me nomme Raphaëlle, j’ai 35 ans, et j’ai 3 enfants. Je suis éducatrice à la petite enfance, et maintenant, une entrepreneure. J’ai voulu me réinventer une carrière, un avenir… Pourquoi? Parce qu’il le fallait.


Parce que la profession d’éducatrice n’allait plus. Et là, pour vous situer, je parle de 2015.

Cette année-là, j’étais une éducatrice depuis quelques années à Rivière-du-Loup, au Bas-St-Laurent. J’aspirais à remplir d’amour de petits cœurs et de petites familles. J’aspirais à m’occuper de petits humains et à créer des liens si uniques que je n’y verrais que des arcs-en-ciel.


Ça ne s’est pas déroulé de cette façon. Pourquoi? Parce qu’il le fallait j’imagine? Ha , et peut-être que le gouvernement « Couillard » y a joué pour quelque chose. Peut-être. Il y a eu des coupures…de grosses coupures…qui ont fait que MA profession, LA profession d’éducatrice n’allait plus…


Alors, j’ai voulu me créer un emploi de toute urgence car mon poste à temps partiel (un poste que je venais tout juste d'obtenir...en 7 ans) était compromis. Où était mon avenir? Quand allais-je créer des liens si uniques que je chérissais tant (Quoique j’en ai créé des liens uniques; les parents et les enfants sauront se reconnaître). J'ai donc enclenché de longues démarches afin de me créer un nouvel emploi, une nouvelle passion, une entreprise à l'image de l'éducatrice que j'étais.


Mon poste était compromis, oui. Mais la profession et surtout, le bien-être des enfants était compromis. Leur bien-être et leurs besoins. Et ça, ce n'est pas rien. Il EST LÀ, L'ENJEU! Les compressions budgétaires du gouvernement libéral, à cette époque, m’ont poussé à me rediriger. J’ai senti une urgence à me réorienter voyant la profession d’éducatrice prendre le champs… Toutes ces compressions budgétaires ont emmené des milliers d’éducatrices (et éducateurs) à se battre POUR leur profession, POUR leur mandat.


Par contre, ces coupures ont emmené des directions à faire de mauvais choix, malgré elles. Ces coupures ont emmené des conventions collectives à se négocier au détriment du bien-être des enfants. Ces coupures ont emmené des éducatrices à revendiquer des conditions essentielles sans miser leur énergie sur l’enfance. Tous ces paliers administratifs et opérationnels sont dépendants l'un de l'autre. Si un pallier s'écroule, tout bascule...Et si le bien-être de l'enfant n'est pas au cœur de tous les enjeux du monde des services de garde éducatifs, tout bascule...


Et je vous parle de 2015…


Et maintenant, si je vous parle de 2021…


Je suis éducatrice à la petite enfance, maintenant une entrepreneure. J’ai voulu me réinventer une carrière, un avenir… Pourquoi? Parce qu’il le fallait. Et parce que j'ai bien fait. J’ai un café familial, éducatif et créatif, Coco Latté, par lequel je m’épanouis grandement, mais auquel je dois faire d’énormes concessions et sacrifices. Par contre, je les préfère à mes conditions d’éducatrice. Même si je me définirai toujours comme étant éducatrice à la petite enfance, d’aspiration, de formation et de cœur…


Je m’ennuie de ma profession mais ma démission est imminente. Au mois d’Août, je retourne au CPE ou je dois démissionner car mon année sans solde, après un congé de maternité, prend fin. Est-ce que quelque chose a changé? Est-ce que l’enfant est au cœur des négociations collectives? Est-ce que l’enfant est au cœur des décisions administratives? Est-ce que l’enfant est au cœur du budget provincial?


Au mois d’Août, je n’aurai d’autres choix que de démissionner.


-Raphaëlle


En appui au mouvement #Ma place au travail , qui revendique des places en garderie pour un retour au travail trop souvent retardé. Nous revendiquons des places en garderie, de qualité, où l'enfant est au coeur des décisions et où les parents sont importants pour leur place au travail.




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